Frédéric Barozzi Auteur

Écrit aussi sous le nom de Frédéric Solo

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Huit · signé Frédéric Solo · les coulisses

Les coulisses de l’écriture

Huit est mon premier roman. Quand je l’ai commencé, je ne savais rien de l’écriture d’un roman. Je me suis pourtant lancé dans ce qu’il y a de plus difficile : une ville sous l’Occupation, plusieurs époques, et une histoire qui passe de génération en génération. Voici ces défis.

Toulon sous l’Occupation

Je voulais raconter l’histoire de Toulon pendant l’Occupation. Pas en toile de fond : comme la source du roman, là où tout prend naissance.

C’est un travail du même ordre que pour Le Jardin d’Eden : beaucoup lire, beaucoup apprendre, et n’en garder que ce que le récit peut porter. Le défi est double. Être juste avec l’histoire, avec ceux qui l’ont vécue. Et ne jamais oublier que le lecteur est venu pour un roman, pas pour un livre d’histoire. Chaque fait doit peser sur la vie d’un personnage, ou il n’a rien à faire là.

Plusieurs époques, un seul fil

Le livre ne reste pas pendant la guerre. Il commence en 2005, quand Jérémy rouvre la maison de famille, au Mourillon. Il remonte en 1975, le jour où Erik rencontre Mégane. Et il va chercher plus loin encore, dans l’Occupation, d’où tout est parti.

Le risque, avec plusieurs époques, c’est de perdre le lecteur. Alors chaque chapitre s’ouvre sur un lieu, une date, une heure : « Toulon, 20 juillet 2005, 08h50. » Il sait toujours où il est. Le plus difficile était ailleurs : que chaque époque réponde aux autres. Qu’un chapitre de 1975 éclaire ce que Jérémy découvre en 2005, et que le présent donne au passé une raison d’être raconté.

Le pouvoir de la transmission et de la mémoire

Le premier titre du roman disait tout : L’avenir appartient au passé. Le livre parle de ce qu’on reçoit sans l’avoir demandé. De ce que les parents, les grands-parents, laissent derrière eux, et qui continue d’agir sur ceux qui restent.

Jérémy a perdu ses parents à cinq ans. Il n’a que des fragments : une maison figée comme un musée, un buffet qui déverse une tonne de photos, de coupures de presse, de papiers. Il redoute de tourner la page. La mémoire, dans Huit, n’est pas un décor. C’est ce qui le fait avancer, et ce qui lui fait peur.

Un premier roman, appris en l’écrivant

Je ne savais ni tenir une intrigue sur trois cents pages, ni faire exister un personnage, ni finir. J’ai appris en écrivant, en me trompant, en relisant. La lettre de refus de XO Éditions saluait pourtant des « qualités d’intrigue rares ». Je raconte cette lettre, et ce que j’en ai fait ensuite.

Bien plus tard, j’ai repris l’histoire de Huit et je l’ai réécrite de bout en bout, dans l’ordre où elle se déroule. C’est la leçon Raconter toute l’histoire, une fois, à plat. Elle devrait un jour devenir un nouveau roman, Eidolon.

Dans cette version, que j’espère mener à bien un jour, Jérémy change de métier. L’interne en pédiatrie de Huit manquait de consistance. Il deviendra peut-être un ancien militaire, revenu du Rwanda : un homme qui a vu de près ce dont l’humanité est capable, au cœur d’un roman qui interroge justement ce qui fait l’Humanité. D’où mes lectures, aujourd’hui, sur le Rwanda.

La couverture

Je l’avais faite moi-même. Quand Amazon a fait passer les livres de CreateSpace à KDP, j’ai perdu l’image. Pour aller vite, je l’ai refaite avec une intelligence artificielle. Elle ne me plaît pas, et elle fait du tort au roman. J’en parle dans Une couverture qui se lit en vignette.

Ce que ce livre m’a appris

Qu’une ville a une mémoire, comme une famille. Que l’histoire d’une époque ne vaut, dans un roman, que par ce qu’elle fait aux personnages. Et que rien ne se perd vraiment : un premier roman, même maladroit, contient déjà ceux qui suivront.

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