Après le point final · leçon 3 sur 13
Choisir son titre
Mon premier roman s’appelait L’avenir appartient au passé. Il a paru sous le titre Huit. Le premier était une phrase. Le second, un mot.
Je ne dis pas que l’un est meilleur que l’autre. Mais ils ne font pas le même travail. Une phrase explique. Un mot intrigue.
Ce qu’un titre doit faire
Il doit se retenir, se dire et se chercher. Un lecteur qui a entendu parler de votre livre doit pouvoir le demander à un libraire, ou le taper dans un moteur de recherche, sans se tromper. Essayez de le dire au téléphone. S’il faut l’épeler, il y a un problème.
Il doit aussi dire le genre, sans le crier. Mémoire écarlate annonce du sang et du souvenir. Le poids d’un souffle annonce de l’émotion. Sous son visage, quelque chose de caché. Aucun ne raconte l’histoire. Tous disent quel livre on tient.
Ce qu’il ne peut pas faire
Un titre ne résume pas le roman. Ce travail-là est celui du résumé. Un titre trop long, qui veut tout dire, ne dit rien à quelqu’un qui ne connaît pas encore le livre. Il ne prendra son sens qu’à la dernière page, et le lecteur ne sera jamais allé jusque-là.
Vérifier qu’il est libre
Tapez-le sur Amazon et dans le catalogue de la BnF. S’il existe déjà dix livres sous ce titre, le vôtre sera le onzième, et le moins visible. Un titre court se partage souvent. Ce n’est pas interdit, mais il faut le savoir.
Exercice
- Écrivez vingt titres possibles, sans juger. Les mauvais aident à trouver les bons.
- Gardez-en trois. Dites-les à voix haute à trois personnes qui n’ont pas lu le livre. Demandez-leur de quel genre de livre il s’agit.
- Le lendemain, demandez-leur lequel elles ont retenu.
- Cherchez le gagnant sur Amazon et à la BnF. Combien de livres le portent déjà ?