Après le point final · leçon 4 sur 13
Un pseudonyme, ou son nom
Mes trois premiers romans sont signés Frédéric Solo. Le quatrième, Le poids d’un souffle, est signé Frédéric Barozzi. Entre les deux, il y a une question qu’un libraire m’a posée.
La question du libraire
Il avait mon livre entre les mains. Il m’a demandé : « Quel est votre vrai nom ? » Je le lui ai donné. Il m’a dit : « C’est mieux. »
Je crois comprendre pourquoi. Un libraire qui présente un auteur présente une personne. Un nom de plume met une distance entre le livre et celui qui l’a écrit. Parfois c’est voulu. Souvent, c’est seulement une distance de plus.
Ce qu’un pseudonyme protège
On prend un nom de plume pour de bonnes raisons. Séparer l’écriture de son métier. Protéger sa famille. Changer de genre sans dérouter ses lecteurs. Ou simplement oser, quand on n’ose pas encore signer de son nom.
Ce qu’il coûte
Un pseudonyme, c’est un auteur à faire connaître à partir de rien, en plus du livre. Et si un jour vous changez de nom, il faut recommencer. C’est là que j’ai été tiraillé : garder mon historique, trois romans, des lecteurs qui connaissent Frédéric Solo, ou devenir moi-même.
J’ai choisi de devenir moi-même, sans effacer l’autre. Sur ce site, chaque livre garde sa signature, et les deux noms se répondent. Le lecteur qui a aimé Mémoire écarlate retrouve l’auteur du Poids d’un souffle.
Ce que l’administration veut savoir
Un pseudonyme n’est pas un secret pour tout le monde. Quand vous déclarez votre livre au dépôt légal, la BnF vous demande votre nom civil et votre date de naissance, et le pseudonyme à côté. Le lecteur ne voit que le second.
Exercice
- Écrivez pourquoi vous voulez un pseudonyme. Une phrase.
- Demandez-vous si cette raison tiendra encore dans dix ans, et dans dix livres.
- Si vous gardez un pseudonyme, décidez dès maintenant ce que vous direz quand on vous demandera votre vrai nom. On vous le demandera.